Le gîte de Lestrade, une œuvre refuge en bord de lac
En quête d’un paradis perdu où mon âme jouirait de paix et de bonheur éternel, j’ai trouvé dans le gite de Lestrade un refuge sur-mesure pour échapper au quotidien et au tumulte des mauvais jours. Repus du contexte anxiogène de l’actualité, est venu l’instant nécessaire de retrouver le plaisir de la quiétude, d’arrêter de courir comme des poulets sans tête et de se débarrasser du superflu le temps d’un séjour pour se noyer dans le silence et la nature à corps perdu.


Cette petite maison, nichée dans un écrin de verdure au bord du lac de Saint-Etienne-Cantales est une belle promesse de bien-être et de raffinement, ma promesse dont je souhaite vous en partager l’existence.


L’architecture, ce n’est pas toujours voir les choses en grand. Parfois, nous n’avons pas besoin de plus que le nécessaire et la nature est à même de nous fournir l’essentiel. Le Corbusier décrivait sa petite cabane de Roquebrune Cap Martin comme « extravagante de confort et de gentillesse ». On pourrait sans conteste qualifier par ces mots la maison de Marianne et Frédéric.



Sans voisinage ni vis à vis, elle est implantée dans la forêt bordant le lac de Saint-Etienne Cantalès, près d’Aurillac. Posée seule au milieu des arbres, elle investit ce lieu caché ni trop à l’écart ni trop proche du monde. Cet environnement privilégié au cœur d’une nature intacte et préservée ne peut m’empêcher de penser à l’Essai du XIXe siècle « Walden, Life in the Woods » de l’américain Henri David Thoreau qui a vécu une retraite au bord de l’étang de Walden.






Comme lui, je suis allée dans les bois car je voulais vivre posément, n’être confrontée, le temps de mon séjour, qu’aux aspects essentiels de la vie et comme lui « voir si je pouvais en tirer un enseignement au lieu de découvrir au moment de mourir que je n’avais pas vécu ». Comme lui, au Gîte de Lestrade, j’avais envie de méditer au bord de l’eau ; comme lui, j’avais envie de faire l’apologie de la nature tellement là-bas elle est inspirante ! Je suis tombée en pâmoison devant ce petit havre de paix à la fois grandiose et luxueux. Le luxe de Beaudelaire bien sûr, où tout n’est qu’ordre et beauté, où tout est calme et volupté.

Que ce soit debout sur la terrasse, comme à la proue d’un navire ou alanguie sur un transat au bord de la piscine, je me sentais me métamorphoser petit à petit, moi qui n’a de cesse de toujours manquer de temps. Je me surprenais à prendre conscience de détails indicibles, de mieux comprendre les préceptes des philosophies antiques comme l’épicurisme ou le stoïcisme. Oui, la vie est belle au gite de Lestrade, une vie de magnanimité et de confiance.









Oui, cette beauté et cette tranquillité qui l’entourent sont propices à l’emphase et au bien être et ce, en toutes saisons et de tous temps ! J’avais presque envie de vivre de pêche et de cueillette !


Le paysage varie au fil des mois et chaque épisode a son charme : presque lunaire en hiver lorsque les eaux du barrage ont baissé et dévoilent des strates graphiques sur les berges et réjouissant l’été où tous les plaisirs du nautisme se sont donnés rendez-vous…


Au printemps, la nature s’y réveille avec ravissement et en automne, rien n’est plus enivrant que le souvenir d’un lendemain de pluie marchant dans la forêt derrière la maison, humant les odeurs de terre noire, de racines humides, d’écorces sombres gorgées d’eau mêlant les odeurs de cognac corsé, les notes subtiles de tabac épicé, de bois fumé, de vétiver, voire même de patchouli…



Rien n’est plus saisissant aussi que le paysage qui défile au fil du sentier longeant le bord du lac, offrant ici des reflets ondulants, là des jeux de lumière subtils. On ne peut qu’être ému devant tous ces paysages pittoresques et sublimes presque romantiques au gré des saisons. Les peintres impressionnistes auraient adoré posé leur chevalet ici pour capturer l’ambiance de ce lieu atemporel tant les couleurs et les contrastes entre ombres et lumières sont captivantes.




Comme dans le tableau de Cézanne du Lac d’Annecy, ici la nature est aimable et riante et durant mon séjour je ne savais pas si je devais écouter le silence ou hurler pour exulter ma joie d’avoir la chance d’être dans ce paradis perdu. En échos de mes cris, Alphonse de Lamartine aurait pu déclamer sans honte :
« Ô lac ! Rochers muets ! Forêt obscure !
Vous que le temps épargne ou qu’il peut rajeunir
Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
Au moins le souvenir »
Pour sûr, je garde un souvenir ému de ces nombreuses balades dérangées uniquement par le chant des oiseaux ou le moteur lointain d’une barque de pêcheur.

Mais, je garderai aussi un souvenir enchantée de l’intérieure de cette petite maison de 65m2 même si son environnement m’attire irrémédiablement. Ce qui reste tout de même le plus surprenant dans ce refuge c’est le soin apporté à la décoration intérieure. On a beau être isolé, en conversation permanente avec la nature, on découvre en franchissant la porte que le raffinement peut se marier avec l’esprit de nature et de retraite.




Le choix des matériaux nobles, les couleurs, les textiles, le mobilier et les objets de décoration, tout a été pensé, harmonisé pour offrir un ensemble d’une beauté et d’une poésie rare. On ne pouvait pas rêver mieux qu’un lieu dédié à la fois au recueillement et aux amoureux du design et du « Beau ».







Marianne et Frédéric ont su doser les styles, faire dialoguer les matières pour imposer une décoration hybride enthousiasmante, réconfortante et rassurante.






La cuisine est optimisée. Il y est même agréable de laver ses légumes tant la vue est sublime ! J’ai comme l’impression d’un mélange audacieux entre les hyttes norvégiens, ces petites habitations traditionnelles où les habitants viennent se reconnecter à la nature, les cabanes de trappeurs canadiens quand le feu de cheminée est lancé et un appartement milanais regorgeant de pièces de design iconiques !








Le résultat de cette équation inattendue est une ambiance singulière qui ne ressemble à aucune autre et qui permet de prolonger les déambulations rêveuses de mon séjour.
Tout a été pensé à quatre mains d’une manière globale, Marianne pour les couleurs et Frédéric pour les espaces. Une complémentarité sans concession. Le désir de faire entrer le paysage dans la maison et d’insérer celle-ci dans son environnement a guidé l’ensemble de la conception du projet. Le choix des matériaux, des couleurs, la réorganisation des espaces, la modification des ouvertures ont été autant de manières d’instaurer un dialogue permanent entre intérieur et extérieur. Les hauteurs de planchers ont étés alignées entre la terrasse de 40m2 et l’intérieur pour effacer autant que possible la limite entre les deux.





Tout a été réalisé avec une grande attention aux détails et à la qualité. Le plancher, les poutres et le plan de travail de la cuisine en chêne massif répondent en symphonie avec la forêt de feuillus environnante.

Le granit du sol, de la cheminée ou des abords de la piscine fait écho aux matériaux de la région. Les couleurs des murs et des tissus n’ont pas été choisies par hasard : le noir et le grège sont au diapason avec le spectacle extérieur. Point de vert. Il n’y a qu’à regarder par les fenêtres et les baies pour s’en rassasier ! D’ailleurs les huisseries en aluminium laqué noir apparaissent comme le cadre adéquat pour faire ressortir le tableau de la nature voisine. Elles appellent à dégager les perspectives sur le lac ou la piscine rendant un certaine perméabilité du regard. Les baies coulissantes du séjour s’ouvrent largement sur une vaste terrasse bois qui offre en été la possibilité de vivre tout à la fois dedans et dehors. Ainsi, les matériaux et les gammes colorées conversent aisément entre intérieur et extérieur.




Pour réaliser cette rénovation, les travaux, partagés entre auto-construction et artisans locaux, ont duré environ un an et demi pour un résultat plus que réussi. Cette petite maison, à l’origine déjà imaginée par les anciens propriétaires comme un lieu de villégiature, de plaisir et de détente dans les années 70, a eu la chance de croiser le chemin de nouveaux propriétaires, Marianne et Frédéric, deux esthètes talentueux qui ont su immédiatement voir en elle le joyau caché d’une déconnexion avec la nature qu’ils pourraient en faire et engager des travaux ambitieux pour lui redonner une seconde vie.


Ils me confie que cette petite maison les a charmés immédiatement tant elle était attachante, déjà emplie de bons souvenirs passés. Avant même d’y séjourner ou d’y accueillir des hôtes, ils y ont écrit leur propre histoire durant les travaux avec leurs enfants qui se réjouissaient d’y « camper » en dormant tous sur des matelas et de se faire de joyeux souvenirs. Cette maison a toujours eu une âme. Ils expliquent avec modestie qu’ils se sont contentés de lui rendre une lecture plus contemporaine.

En tout cas, elle parait aujourd’hui pour moi comme une œuvre d’art refuge, à l’image de celles disséminées sur les Chemins de Compostelle. Tout comme l’Art sait être lui-même un refuge en temps de crise, le gîte de Lestrade est devenu mon refuge préféré, en famille ou entre amis, l’escale obligée du pèlerinage de mon voyage intérieur, mon lieu de dévotion au Beau, mon Beau.

Gite de Lestrade
15 150 Saint-Etienne-Cantalès

